Faux sites d’autorisation de voyage : les reconnaître
Tapez « ESTA » ou « ETA Royaume-Uni » dans un moteur de recherche : les premiers résultats sont souvent des sites commerciaux qui remplissent le formulaire à votre place et facturent leurs frais en plus du prix officiel. L’ESTA coûte 40,27 $ US(≈ 35,46 €) sur le site du gouvernement américain ; rien ne justifie de payer davantage.
Les adresses officielles, et rien d’autre
Regardez la fin de l’adresse, juste avant le premier « / ». esta.cbp.dhs.gov est officiel ; « esta-usa-officiel.com » ou « etats-unis-esta.fr » ne le sont pas, quels que soient leurs couleurs et leurs drapeaux. Les deux exemples sont inventés, mais la forme est typique : un nom qui contient celui de l’autorisation, et une extension commerciale.
Ce qu’en dit la DGCCRF
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes décrit précisément la méthode : ces sites « n’hésitent pas à tromper le consommateur en prenant l’apparence de sites officiels : reproduction de la charte graphique du site de référence, usage des couleurs bleu-blanc-rouge du logo Marianne, référence à des ministères, référencement en tête des moteurs de recherche ». Elle conseille de vérifier d’abord, sur service-public.fr, si la démarche existe sur un site officiel.
Lors d’une enquête publiée en février 2025, elle a contrôlé 44 professionnels de l’aide aux démarches administratives en 2023 : 61 % étaient en anomalie (confusion avec les sites officiels, abonnements cachés…). L’enquête portait sur les démarches françaises (carte grise, passeport, casier judiciaire), mais les procédés sont les mêmes pour les autorisations de voyage.
Les administrations étrangères disent la même chose. Le gouvernement britannique : « d’autres sites peuvent facturer davantage ; évitez les sites qui imitent les services publics », et « vous ne pouvez pas obtenir une décision plus rapide en passant par un autre site ». Le CBP américain : il ne peut pas rembourser ce qui a été payé à un tiers.
Les signes qui doivent alerter
- Un prix supérieur au tarif officiel, souvent présenté comme « frais de dossier », « assistance » ou « traitement prioritaire ». Pour l’ETA, le gouvernement britannique précise qu’aucun autre site ne peut obtenir une décision plus rapide.
- Une adresse qui ne se termine pas par le domaine du gouvernement concerné (tableau ci-dessus).
- Un paiement débité au nom d’une société, pas d’une administration : regardez le libellé sur votre relevé.
- Une demande d’ETIAS « dès maintenant » : l’ETIAS n’est pas encore en service, personne ne peut le déposer.
- Un abonnement ou des prélèvements récurrents après une demande unique.
Vous avez déjà payé ? Faites le calcul
Que faire ensuite
- Vérifiez l’autorisation sur le site officiel : statut ESTA sur esta.cbp.dhs.gov, ETA sur gov.uk/check-eta, AVE sur canada.ca. Si elle n’existe pas, refaites la demande vous-même.
- Relisez les conditions du site : identité de la société, prix annoncé, abonnement éventuel. Le droit de rétractation de 14 jours existe, mais peut avoir été écarté si vous avez demandé l’exécution immédiate.
- Signalez le site sur SignalConso : les enquêtes de la DGCCRF partent de ces signalements.
Ce site-ci ne vend aucune autorisation et ne demande aucune donnée de passeport. Il indique le prix officiel et renvoie vers l’administration concernée. S’il affiche un jour des liens partenaires, ils porteront la mention « Lien affilié » et ne concerneront jamais une démarche administrative.